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 Tristan-Edern Vaquette, le punk rouge

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Erwann Bleu
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Féminin Nombre de messages : 310
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Localisation : Besançon
Date d'inscription : 11/03/2006

MessageSujet: Tristan-Edern Vaquette, le punk rouge   Lun 5 Jan - 20:04

Bon, je conseille de lire l'article directement sur mon blog, parce que c'est tout formaté, avec des images et une vidéo :
http://erwannbleu.canalblog.com/archives/2008/11/30/11570251.html

Sinon je fais un c/c du texte, mais bon, c'est moins bien :

Citation :
"Il faut se casser la gueule, il faut avoir mal, le fait d'exister, le fait de bouger [...] me paraît plus intéressant que le fait d'être prudent."
(Jacques Brel)

"Je crois en l'art, et même en la culture [...], mais c'est pas une caresse, c'est un poing dans la gueule."
(Tristan-Edern Vaquette)

Vaquette_par_MatsasEvidemment, la meilleure chose à faire serait de ne pas lire les lignes qui vont suivre et d'aller écouter Vaquette sans savoir du tout à quoi s'attendre. Il vaut mieux faire ça d'ailleurs (http://www.crevez-tous.com/actualite/). Si jamais j'ai quelques lecteurs réguliers, faîtes-le. Les autres aussi, prenez le risque.

Sinon, bon, je m'attele à parler de l'IndispensablE.

Sommes-nous assez honnêtes pour reconnaître à quel point nous sommes lâches ? Et sommes-nous assez intelligents pour accepter que la liberté soit à la fois exigeante et écrasante ? (voir... élitiste ?)

Lire cela de la part d'auteurs morts et enterrés sous les interprétations, dont les vies ne nous parlent plus (ou même, nous déçoive), ne nous dérange guère - mais si un titulaire d'un DEA de physique théorique classé parmi les 10 premiers de l'Ecole Normale Supérieure à 24 ans ayant en outre fait un bref passage au Collège de France et ayant quitté tout cela par choix pour se mettre uniquement à jouer, depuis maintenant plus d'une quinzaine d'années, dans des squats tenait aujourd'hui le même discours ?


Un tel individu serait, rien que par un tel acte, notre mauvaise conscience. Mais si en plus l'individu en question prenait un malin plaisir à ne manquer aucune occasion de pointer nos contradictions, nos lâchetés, et nos compromis, non pas tellement au plan privé, mais bien au plan politique, en maintenant ses propres principes de liberté et de responsabilité au long de sa vie, il serait tout simplement insupportable.
Insupportable, car cet étalon de référence, qu'il nous manque souvent pour éviter le cynisme ou la résignation vis-à-vis de notre position (de nous-mêmes), serait là, devant nos yeux, et nous raillerait avec une légitimité parfaitement inébranlable : l'existence de Vaquette nous rend misérables - "Allez ! Allez, votez bande de chiens, votez ! pour que notre existence à tous ressemble désespérément à la votre : immobile et en laisse en attendant la mort." (Vaquette, La conjuration de la peur).

"L'amant veut créer puisqu'il méprise ! Comment saurait-il parler de l'amour, celui qui ne devait pas mépriser précisément ce qu'il aimait !

Va dans ta solitude, mon frère, avec ton amour et ta création ; et sur le tard la justice te suivra en traînant la jambe."
(Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra)

Il est certain que, parlant de Vaquette, nous pourrions citer tout ce paragraphe Des voies du créateur. Tout comme il est certain qu'il le connaisse par coeur - d'aucuns, après avoir saisi la légitimité de la posture vaquettienne (savoir d'où il parle en sachant d'où il vient ; il faut, pour cela, accéder au "niveau Vaquette" de son site où se trouve une sorte de biographie de l'artiste principalement formée par des mails adressés à des correspondants permettant de saisir sa morale libertaire, à la source de ses travaux), se demandent pourquoi il adresse généralement une bordée d'injure et de crachats sur un public venant l'écouter et donc le faire vivre.
2
Une part de réponse se trouve dans la citation de Nietzsche ci-dessus : c'est parce que Vaquette aime les gens qu'il nous méprise, pour cela non seulement qu'il nous dit ce que nous sommes mais aussi qu'il nous montre - par son exemple - que nous pouvons être autre chose ("Fiers d’être iconoclastes, on a fait not’ boulot, c'est-à-dire affaiblir / Toutes les autorités, tous les pouvoirs, pour dire "Voyez ! C’qu’est censé être en haut / Ça n’doit pas nous suffire, on mérite de viser l’Grand et Beau !" / Mais c’qu’a été compris, c’est "Si c’qu’est haut est bas, alors c’est plus facile d’viser tout / d’suite en bas"", Vaquette, Ibid.). Il est normal qu'un tel amour flirte avec le désespoir et l'abandon (cf. Crève Vaquette).

Si Vaquette aime les gens, puisqu'il les insulte, alors son altruisme passe par un égo monstrueusement surdimensionné qu'il doit s'efforcer de maintenir dans sa légitimité, c'est-à-dire dans la conformité avec la morale qu'il prône - mais cet égo trouve sa force dans le défi, soit, finalement, dans l'émulation et l'admiration qu'il suscite (la fierté), mais aussi dans la satisfaction d'avoir dépassé toutes les critiques violentes qu'il inflige aux autres et auxquelles il se soumet probablement plus brutalement encore.


"Il n'y a pas de méchant système, il n'y a qu'une somme d'individuelles lâchetés"
(Vaquette, Je gagne toujours à la fin)

Lorsque, dans son dernier spectacle, Vaquette dénonce à la fois le conformisme et la dérive du tout sécuritaire basée sur la peur caractérisants notre société actuelle, cette dénonciation ne s'enracine pas dans la recherche de coupables (qu'ils soient situés en bas ou en haut de l'échelle sociale) mais dans la responsabilité de chaque individu - conséquemment dans notre liberté.
Et faire cela, c'est-à-dire s'adresser à la responsabilité des individus dans une époque où l'on arrête pas de nous mentir et nous infantiliser, c'est déjà nous rendre une partie de notre dignité qu'il nous appartient ensuite de reconquérir ; et cette reconquête passe nécessairement par le financement, en "libre responsabilisation" (les CDs et le roman sont accessibles en ligne, on peut également - "l'argent n'étant rien d'autre que le moyen d'échange de la valeur sociale" - faire un don), de Vaquette : "Vaquette, c’que tu fais c’est bien, j’te soutiens y faut continuer / Mais raquer pour ton CD, déconne pas je peux l’graver / Dix euros c’est vach’ment reuch’, j’ai juste assez pour mes huit demis / Mes deux paquets d’clopes, mes capotes, et puis mon teuchi / Je suis un gros con" (Vaquette, Le dernier des hommes ou le grand mépris).

Liberté et responsabilité ne vont pas sans conscience, et cette conscience passe avant tout, chez Vaquette, par l'intellect : d'où la forme singulière ("dichotomique") de ses spectacles alternant avec musique, exposés et interludes - on trouvera un exemple de cette forme avec l'intervention à Ce soir ou jamais. Si j'osais, je dirais que c'est plus socratique que nietzschéen (merde, ça y est) : une maïeutique vaquettienne ; il y a un effort à fournir qui nous appartient, et cet effort est impulsé par la raison.

Impulsé, parce que les textes ne cessent de heurter nos préjugés et nos incohérences - l'artiste respecte les gens conséquents avec leurs valeurs (sans pour autant abandonner les siennes) mais méprise l'incohérence, le mensonge et la mauvaise foi de ceux se réclamant des valeurs qu'il incarne : "Je dis : Pas de liberté pour les ennemis d’la liberté / Les flics faut les tabasser, les militaires les fusiller / L’étoile jaune pour les racistes, les chambres à gaz pour les aryens / Pa’c’que j’ai raison, la fin justifie les moyens / Je suis un gros con" (Vaquette, Ibid.).



Ces valeurs sont infiniment perfectibles et toujours à conquérir, d'une part parce que notre tendance à la lâcheté et à la facilité se tient toujours prête à ressurgir, quels que soient les idéaux auxquels nous sommes parvenus ou dans lesquels nous sommes nés, et d'autre part parce qu'il y a toujours un autre degré de liberté et de conscience à franchir : il ne peut y avoir de société individualiste libre sans un effort permanent de chacun de ses membres ; le gain ? "Un but inaccessible est potentiellement une source éternelle de bonheur" (Vaquette, J'veux être grand et beau).



Il y aurait encore beaucoup à dire.

Allez voir Vaquette. Sans snobisme. "Avant de faire la révolution dans la rue, il faut la faire dans sa tête" (Ferré).

"Tout ça c’est pas nouveau, Dostoïevski m’l’a dit [...]
Il n’y a que deux types d’hommes quels que soient les partis
Ceux, trop rares, qui sont contre tout, contre tous et tout l’temps
Et les autres qui d’bonne foi, sont toujours dans l’bon camp"
(Vaquette, Décidemment Vaquette est d'extrême gauche)

http://www.crevez-tous.com

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